Vous connaissez Benny Lévy?
Il a consacré de belles analyses de la pensée de certains philosophes, dont Sartre, duquel il fut aussi très près.
Dans
Le nom de l'homme (Verdier, 1984), Levy distille les romans de Sartre en fonction des thèmes philosophiques chers à l'écrivain existentialiste. Parmi ces thèmes: la solitude de l'Un, la comédie de l'être, autrui et le problème de la responsabilité, etc.
Comme dans ses autres études, Lévy se révèle lui-même un auteur fort intéressant grâce à une belle lucidité intellectuelle mais aussi par le style d'écriture qui lui appartient. Nous n'avons pas ici affaire à une analyse formelle mais à l'exposition d'une pensée qui semble se donner au fur et à mesure que les propos se déploient. Nous devenons ainsi complices d'une réflexion-interrogation qui fait appel à notre intelligence.
Un extrait?
"Lorsque tout va bien, dit joliment Sartre, "nous savons distinguer notre être-pour-soi de notre être-pour-l'autre".
Il faut croire que tout va mal.
Noyons le poisson: le premier autre n'est ni la mère, ni le Juste, mais "l'adulte". Cette notion permet de confondre la mère, les paysans du Morvan, le Juste. Fort bien. Pourtant l'inquiétude renaît, plus aiguë. dans Les Mots, Sartre écrit:...".