Je me promène un peu au hasard des différents posts sur ce forum, je m'aperçois que je lis finalement peu, que je ne lis en somme que
mes auteurs, ceux à qui je me suis habitué - ils sont assez nombreux - et il apparaît quotidiennement sur Un Livre de nouvelles références, de nouvelles lectures possibles. Borges avait raison, une bibliothèque se doit d'être infinie.
"Dans le couloir il y a une glace, qui double fidèlement les apparences. Les hommes en tirent conclusion que la Bibliothèque n'est pas infinie; si elle l'était réellement, à quoi bon cette duplication illusoire? Pour ma part,
je préfère rêver que ces surfaces polies sont là pour figurer l'infini et pour le pomettre...", La bibliothèque de Babel, in
Fictions, Folio, pp. 71-72 - c'est Gunthar qui souligne.
Ce serait tellement bien d'être un lecteur infini, qui puisse lire tous les livres presque en même temps, tous genres confondus. On revient hélas toujours à ces quelques auteurs que l'on chérit tant - ceux qui justement sont infinis, ceux qui nous prodiguèrent en premier cette émotion-là, celle que - quoi que l'on dise - on cherche toujours à faire renaître à la lecture de nouveautés. De leurs livres dépendent l'infini d'une bibliothèque. C'est vers ces livres que toujours on retournera, c'est ces livres que l'on lit toujours, justement lorsqu'on en lit d'autres, à la recherche de ce je ne sais quoi de primordial, ce petit coup au coeur, à l'âme ou à la cervelle.
Je pense sincèrement que les livres de Borges font partie de ces livres vraiment importants qui façonnent l'infini d'une bibliothèque, qui vous laissent un goût de fantastique et d'éternité dans la bouche. Les livres de Borges sont en somme des livres-miroirs, en cela qu'ils "figurent l'infini et le promettent."