choisissez votre image !Résumé volontairement amputé:1845, Vétéran de l'exploration polaire, Sir John Franklin se déclare certain de percer le mystère du passage du Nord-Ouest. Mais l'équipée, mal préparée, tourne court; le Grand Nord referme ses glaces sur Erebus et Terror, les deux navires de la Marine royale anglaise commandés par Sir John. Tenaillés par le froid et la faim, les cent vingt-neuf hommes de l'expédition se retrouvent pris au piège des ténèbres arctiques. L'équipage est, en outre, en butte aux assauts d'une sorte d'ours polaire à l'aspect prodigieux, qui transforme la vie à bord en cauchemar éveillé.J'ai placé volontairement le roman dans la section "peur" pour faire honneur à cette rubrique. Rassurez-vous, le résumé, qui semble planter une situation de huis clos figé, ou du moins de schéma parfaitement identifiable dans le genre de l'horreur, ne rend pas compte de l'action du roman et encore moins de sa valeur. En effet, Dans Simmons s'est livré à une recherche historique conséquente - et j'en sûr passionnante - sur la célèbre expédition, ainsi que sur cette région hostile du monde et de ses habitants. Il nous livre un roman d'horreur qui m'a pris les tripes dans un étau jusqu'à la fin (ouch !), écrit dans un style imprégné de son époque et sans anachronisme, bien que sans affectation déplaisante: en trois mots, ça fait naturel.
Le néophyte que je suis a découvert cet univers de l'exploration maritime, abordé ici sous l'angle humain de tous ces hommes de la royal navy, tout un pan d'humanité embarqué dans les mêmes galères. Il en fallait du courage, mes aïeux. Le lecteur, prévenu à l'avance que ce ne sera pas la croisière s'amuse, sert les dents en attendant le strike. Les cartes et leurs annotations, très utiles en début de volume, donnent une idée des pérégrinations glacières que vont connaître nos 129 âmes, mais sans spoiler.
Le roman évite d'autre part la lourdeur d'une longue mise en situation: en règle générale, ne vous attendez pas à deviner le
déroulement des événements, et même lorsque vous le pourrez, le talent de Simmons vous procurera son lot d'émotions (sans pleurnicherie) et de suspense, bien plus varié qu'un "bouh voilà le monstre": les détails font tout.
Les chapitres alternent entre les capitaines Franklin et Crozier et d'autres membres d'équipage (je n'en dirais pas plus), dans un mélange de focalisation zero et de focalisation interne à la 3ème personne, bref on est assez proche des personnages sans être limité à leur expérience, et ce balancement maîtrisé est très agréable.
Attention,
Terreur n'est pas un livre d'épouvante, mais de littérature, bâti sur un nombre de pages conséquent mais nécessaire pour happer le lecteur dans cette funeste expédition, cette blancheur hostile, magnifiés par un fantastique effroyablement approprié.